OSER PARLER DE LA MORT AVEC LES ENFANTS

"Les enfants se posent des questions sur la mort et les adultes sont souvent mal à l'aise pour leur répondre. En parler avec eux est pourtant nécessaire pour leur développement et les deuils qu'ils auront à affronter". Dans le Journal "La Croix" du 30 octobre, j'ai lu avec grand intérêt cet article, très juste.

 

Toutes les problèmatiques soulevées sont celles abordées dans mon livre "Où es-tu, Lulu ?". Et  Dieu sait qu'il m'a fallu du temps pour trouver un éditeur... "Le désir de protéger les enfants contre des souffrances que nous pensons trop lourdes pour eux leur porte en réalité préjudice." Je suis persuadée, en effet, que l'enfant peut entendre et surtout a besoin d'entendre la vérité, quel que soit son âge, seul moyen pour lui d'avancer.

"Il faut dans tous les cas essayer d'employer les mots justes, simples et vrais : prononcer le mot "mort" et non "parti" car sinon l'enfant va penser que le défunt va revenir. "L'enfant comprend, même à 5 ans, que mourir c'est ne plus revenir, c'est mourir "pour de vrai".

" Essentiel aussi de leur dire que la mort n'est pas l'oubli, que la personne aimée continue à vivre dans notre souvenir... Evoquer ces souvenirs peut être très gai."

De même, "il est important de lui expliquer les rituels des funérailles, de lui proposer d'y participer, de l'emmener au cimetière. Il pourra ainsi entendre ce qui sera dit du défunt, sentir des liens familiaux et amicaux autour de lui, mais aussi faire un dessin, confectionner un petit cadeau." Dans mon livre, Théo va au cimetière, sur la tombe de son ami, il lui apporte une bille, et sa maman est près de lui, attentive. C'est une scène très importante du livre, que Cécile a superbement illustrée. Sobre et émouvante. Théo est triste, bien sûr, mais il pense à son ami, à ce qu'ils ont partagé, et il comprend aussi que son ami est enterré là.

"Certains parents n'osent pas pleurer devant eux, voulant les protéger. Les enfants de leur côté n'expriment pas toujours leurs émotions, voulant aussi protéger leurs parents. Or il n'y a pas de deuil sans chagrin et il est important que l'enfant sache que' l'on est triste... Il est nécessaire d'accepter de partager un peu de sa tristesse avec un enfant pour qu'il s'autorise à exprimer la sienne. Cela l'aidera aussi à faire son deuil." Je me souviens de l'enterrement de ma cousine et de notre chagrin à tous. Sa soeur hésitait à emmener ses enfants, elle craignait que ce ne soit trop douloureux pour eux, et j'ai insisté pour qu'ils soient présents. C'était leur tante, la marraine de sa fille, cela me semblait primordial au contraire. Elle n'a pas regretté d'avoir ses trois enfants près d'elle, dans ce moment si douloureux, où toute la famille était rassemblée, pour partager des émotions, se souvenir, exprimer des mots de tendresse et d'amour. Alors oui, il y eut des larmes et beaucoup de chagrin, mais au moins pouvait-on les exprimer.

 

Je ne regrette qu'une chose : que cet excellent article, dans ses REPERES, ait oublié de citer mon livre...

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